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Projet de loi sur les
récidives
Le Sénat a
démontré hier soir 9 février qu’il existait.
On sait qu’il participe à l’élaboration de la
loi ; on s’attend à ce qu’il vote à droite,
encore plus à droite que les députés. Plus
conservateur qu’un sénateur, tu meurs !
Que s’est-il passé hier ? S’est-il rebiffé ?
Ou la proposition de loi adoptée le 16 décembre par
l’Assemblée nationale était-elle tellement à
droite, caricaturalement à droite, qu’elle en est devenue
repoussante ?
Il s’agissait de la répression des délinquants
récidivistes. Emmenés par le député
Estrosi, les tenants d’une politique sécuritaire ont fait
de la surenchère, et adopté 17 articles visant finalement
à enfermer à vie les délinquants
récidivistes. Par exemple, les peines seront cumulées,
s’additionnant jusqu’à totaliser, à
l’américaine, 80, 120 ans, alors que la tradition
juridique française prône la confusion des peines. Le
nombre de sursis avec mise à l’épreuve sera
limité à deux. Les récidivistes seront mis sous
mandat de dépôt dès l’audience. Une fois
libéré et sa peine purgée,
l’ex-délinquant sexuel se verra muni d’un
système de GPS censé le localiser et, en tout cas, le
désignant visiblement comme récidiviste en
puissance. Bref, répression accrue et automatisation des
peines, au grand dam de la liberté d’appréciation
des juges ; et pas davantage de suivi social et sanitaire avant et
après la détention ni d’aide à la
réinsertion.
Cette politique a paru inacceptable aux sénateurs, qui ont
purement et simplement supprimé 10 des 17 articles de la
proposition de loi, la vidant de son sens.
Dans la guerre interne à l’UMP entre sarkozistes et
chiraquiens, la droite sénatoriale a choisi son camp. Et le
Droit y a gagné…
Avec le groupe socialiste et Robert Badinter, je suis intervenu dans
les débats et pour défendre des amendements visant
à supprimer les articles de la proposition de loi, avec
succès !
Communiqué
de presse du 10 février
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