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La (dés) union est un combat !
(Georges Marchais)
La « mise en congé » récente de Marie George
Buffet du secrétariat national du PCF et le
lancement officiel de sa campagne présidentielle
couronnent l'échec du rassemblement de la gauche
dite « anti-libérale ». Ce terme, ambigu et
inacceptable puisqu'il laisse entendre que les
autres formations de gauche, au premier rang
desquelles le PS, seraient favorables au
libéralisme, recouvre deux sensibilités : pour
une grande part celle du Non au referendum, et,
plus profondément, le refus de la négociation, de
l'accord et des responsabilités, typiques de la
gauche protestataire héritière de
l'anarcho-syndicalisme et de la vulgate marxiste.
Cette malédiction traverse l'histoire du
socialisme français de Jules Guesde à Arlette Laguillier.
L'incapacité de ces sensibilités à constituer un
front du refus est néanmoins un grand malheur
pour le PS et pour sa candidate à l'élection
présidentielle, car il va décourager cet
électorat de se mobiliser au premier tour, ce qui
est moyennement grave, mais surtout au second tour, qui, lui, est décisif.
Or notre candidate, qui a su regrouper toutes les
forces proches du PS (PRG, MDC) derrière elle,
qui fait un travail important de reconquête de
l'électorat populaire passé à l'UMP et au
FN, fera un bon premier tour (entre 25 et 30%
dans l'état actuel des choses, c'est-à-dire mieux
que François Mitterrand). Notre problème
collectif est de passer de 25 ou 30% à 50%.
L'intérêt d'une candidature « anti-libérale » était
de mobiliser ensemble tout l'électorat dispersé -
et dont les scores seront de toute manière bien
en dessous de 2002, les électeurs de gauche ayant
compris le message du 21 Avril 2002 - des
trotskystes, communistes, anti-mondialistes,
écologistes et de créer une dynamique qui l'amène
de 10%, son étiage actuel, à 15-18%, ce qui avec
le vote Vert (3 à 5%) et certaines voix du
centre, permettrait d'atteindre les 50%+. Voilà
ce que pouvait être un scénario gagnant.
Le PCF a décidé de passer en force et d'imposer
la candidature de sa secrétaire nationale. Il
considère qu'être présent dans la compétition
présidentielle est vital pour sa survie et ne
peut accepter que se constitue à sa gauche une
force politique significative. Il préfère donc
tuer dans l'œuf ce qui aurait pu être l'amorce
d'une force de ce type : pas de « nouvelle voie à
gauche" avec Bové ou Autain. Notons d'ailleurs
qu'il a été largement aidé en cela par Besancenot
et Laguillier qui, en bons staliniens, même
déguisés en sympathiques facteur et retraitée,
partagent sur le fond la même analyse sauf que
leur démarche « démocratique et unitaire » était essentiellement
« tout sauf le PC » !
Alors que pouvons nous faire ?
A court terme, nous devons continuer à rechercher
un accord politique de deuxième tour avec le PC,
qui doit inclure un engagement de soutien, à
défaut de participation, au gouvernement de
Gauche issu d'une victoire aux législatives de
Juin, tout en laissant ouverte la question des
circonscriptions législatives et donc du maintien
d'un groupe parlementaire communiste à l'Assemblée nationale.
Nous devons aussi donner dans notre programme
beaucoup plus de place aux questions
d'environnement, d'écologie et de développement
durable : d'une part ce sont des points
fondamentaux pour l'avenir, et d'autre part
l'électorat « anti-libéral » y est sensible. C'est
la perspective qu'il faut ouvrir aux 700 comités « anti-libéraux » qui se sont constitués ces
derniers mois, du moins ceux qui ne sont pas contrôlés par le PCF.
A long terme, nous devons tirer complètement les
conséquences du retour du parti socialiste
français dans la famille social-démocrate
européenne. Nous arrivons en fin de deux cycles
historiques : celui du Congrès de Tours qui le
25 décembre 1920 marquait la scission du PCF, et
celui du Congrès d'Epinay qui en 1971
officialisait la stratégie du Programme Commun,
l'alliance avec le PCF et l'arrivée de François
Mitterrand à la tête du parti.
Pour s'affirmer comme la grande force
social-démocrate dont le pays et l'Europe ont
besoin, le PS doit devenir hégémonique à gauche
et reconnaître que le PCF et les différents
groupes trotskystes dont l'objectif,
soigneusement caché, reste la dictature du
prolétariat et la reconstitution de
l'Internationale, sont des survivances d'un monde
ancien, effondré et disparu, et ce bien avant la chute du Mur en 1989.
Le PCF reste, par contre, porteur d'une espérance
pour la classe ouvrière et les petits employés,
et souvent les plus démunis. Il reste, malgré
tout, leur défenseur et c'est donc une
responsabilité particulière pour nous que d'être
capable de reprendre cette fonction et de l'assumer.
Cela voudrait dire alors que le PS serait capable
d'intégrer dans ses rangs toutes ces sensibilités
selon leurs poids respectifs et d'en assumer la représentation politique.
Nous avons été capables de doubler notre nombre
d'adhérents, de rajeunir significativement l'âge
moyen du PS, de désigner une candidate capable de
gagner la prochaine élection présidentielle :
montrons aussi notre capacité à tracer une
perspective stratégique à la hauteur de notre histoire !
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